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Je n'aime pas mon travail




Article lu dans startlesechos


Un travail, oui, mais à condition d'en avoir la vocation ou au moins d'y trouver du sens. Cette nouvelle injonction peut faire souffrir les jeunes professionnels qui peinent à justifier leur job, mais aussi, à l'inverse, les passionnés qui peuvent se laisser happer par leur « travail-passion ».


Aimer son travail est devenu une nouvelle norme sociale, particulièrement marquée chez les jeunes diplômés et urbains. L'emploi ne doit plus seulement apporter un salaire confortable, une sécurité matérielle, une carrière stable, mais aussi vous rendre rien de moins que passionnant, vous permettre d'avoir un impact positif , une utilité sociale ou d'incarner vos valeurs personnelles.


L'intensification de notre rapport au travail n'est pas nouvelle, elle a émergé pour contrer l'ennui au travail traditionnel après les mouvements de 1968, d'après la sociologue Danièle Linhart.

Elle est montée en puissance ces vingt dernières années et s'est aiguisée encore plus avec la crise sanitaire actuelle. Pourquoi ? Parce que « tout le reste, les organisations syndicales, politiques, religieuses… se désagrège, donc seul le travail dicte ce que l'on est », estime Emmanuelle Duez, fondatrice du cabinet de conseil The Boson Project.

Cette exigence est encore plus prégnante chez les moins de vingt-cinq ans qui entrent sur le marché du travail. Ils sont 95 % à souhaiter exercer une activité qui a « du sens », selon un sondage OpinionWay de février dernier. A 40 %, les répondants estiment la quête de sens au travail « importante », voire « prioritaire » pour 55 %. Résultat, 57 % des étudiants déclarent être prêts à accepter un travail mal rémunéré s'ils estiment qu'il sert.


« Les bullshit jobs, c'est fini ! »

Pour cela, ils ont changé de tactique par rapport à leurs aînés. Si pour la génération Y de moins de trente-cinq ans, l'eldorado était celui l'entrepreneur inséré dans la start-up nation, affranchi des codes de l'entreprise, celui de la génération Z est d'être utile, quitte à l'être au sein d'une organisation.

Les entreprises tentent de se conformer aux attentes de ces nouveaux entrants sur le marché du travail. « Les jeunes veulent comprendre les tâches qu'ils font, il faut rendre visible la chaîne de valeur et d'impact », souligne Emmanuelle Duez. Les effets d'annonce ne suffiront plus. Les bullshit jobs, c'est fini ! »

Celles qui ne répondent pas présent prennent le risque de se faire doubler par les employeurs nouvelle génération qui s'engagent concrètement, aux premiers rangs desquels les entreprises à mission , labélisées B Corp , etc. Regroupant des sociétés telles que Biocoop, Aigle ou Simplon, le mouvement Impact France, présidé par Eva Sadoun, a pour raison d'être ce « changement de logiciel » dans le monde de l'entreprise.


Travail passion, travail poison ?

Employeurs comme employés, tout le monde semble être d'accord : il faut aimer son travail, ou du moins le trouver utile. Alors, celles et ceux qui ne se passionnent pas pour leur travail ont l'impression d'avoir raté leur carrière. C'est pourquoi de plus en plus de gens se reconvertissent et ce, de plus en plus tôt.

A leurs risques et périls. Car parfois le métier-passion peut virer au poison. Comme on aime son travail, on y trouve du sens, on est prêt à se dévouer corps et âme, par vocation, sans trop prendre de recul sur nos conditions de travail , sans compter nos heures - quitte à être malmené, voire mal payé. Les burn-out arrivent aussi (surtout) chez les passionnés.


« Mon entreprise est mon mécène »

Sans parler de celles et ceux qui sont déçus par la professionnalisation de leur hobby . Juriste d'entreprise depuis dix ans, Pierre (le prénom a été modifié), trente-cinq ans alors, avait l'impression de ne plus rien apprendre. Il a décidé de rendre son quotidien plus appétissant en devenant pâtissier. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu. Trois ans plus tard (après une succession de CDD, des difficultés financières et des horaires étendus), il est revenu au salariat, sans aucun regret. Il prône aujourd'hui une vision transformée du travail : « Cette expérience m'a fait redescendre sur terre. Un travail, ça sert à gagner un salaire. » Il dit avoir trouvé son équilibre et être épanoui.

Comme Pierre, Sophie la contrôleuse de gestion a choisi la voie de l'anti-ambition professionnelle. Elle fait bien son travail, mais sans plus. Le reste de son temps, elle se dédie à la peinture. « Mon entreprise est mon mécène », confie-t-elle. L'amatrice ne prend ainsi pas le risque de voir sa sécurité financière et son confort matériel voler en éclats si ses oeuvres ne se vendent pas.


Rares sont ceux qui résistent à cette injonction jugée « paradoxale » par Céline Marty, professeure agrégée de philosophie et cofondatrice de la chaîne YouTube « Meta ».

Elle rappelle que les philosophes antiques et classiques considéraient les passions comme des pulsions non maîtrisées qui nous poussent à faire n'importe quoi et qu'il nous fallait donc combattre.

« On cherche à faire de sa passion un travail parce qu'on n'a pas le temps de vivre notre passion en dehors du travail : c'est cette répartition du temps de vie, ce dévouement total à notre travail qu'il faudrait questionner », pointe la philosophe, auteure du livre « Travailler moins pour vivre mieux », à paraître le 13 octobre. Elle ajoute, critique : « Chaque travailleur est poussé à se demander quelle est sa passion et comment en faire un business, ou comment voir son métier comme sa vocation. Or, celle-ci reste subjective et personnelle. Elle ne peut pas toujours devenir l'objet d'un business rentable. »



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Sandra


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